Soja et Thyroïde :
- 21 mars 2023
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars 2023

Introduction :
Le soja est un aliment assez controversé. En effet, plusieurs études (in vivo) chez le rat montrent que les isoflavones inhibent l'activité de la thyroïde, sur la synthèse de la T3 et de la T4 plus exactement. Ainsi, toutes ces spéculations se confirment-elles dans la littérature scientifique pour les humains ?

1) Une étude randomisée croisée en double aveugle a analysé l'effet du soja et des phyto-œstrogènes sur la fonction thyroïdienne chez 60 patients atteints d'hypothyroïdie infraclinique : (avec TSH élevée mais T3 et T4 normales). Les critères secondaires étaient la pression artérielle, la résistance à l'insuline, les lipides ainsi que l'inflammation(hsCRP).
Les patients ont été randomisés pour recevoir soit du phyto-estrogène à faible dose (30 g de protéines de soja avec 2 mg de phyto-œstrogènes, représentatif d'un régime occidental) soit une supplémentation en phyto-œstrogène à forte dose (30 g de protéines de soja avec 16 mg de phyto-œstrogènes, représentatif d'un régime végétarien) pendant 8 semaines, puis ont traversé une période de sevrage de 8 semaines. Bien que 6 patientes de l'étude (11.5%) ont évolué vers une hypothyroïdie manifeste avec une supplémentation en phyto-œstrogènes de 16 mg et que les niveaux de TSH ont légèrement augmenté, les niveaux de T3 et T4 sont restés inchangés pour la majorité des participants. Cependant, pour les 6 patientes, les niveaux de TSH ont augmenté de 57 % et 25% pour la T4.
Sur les 60 patients recrutés, 6 des 52 sujets féminins (11,5%) ont évolué vers une hypothyroïdie manifeste après un apport en phyto-estrogène de 16 mg durant 6 mois. Cela suggère que le risque de développer une hypothyroïdie manifeste est plus élevé chez les femmes qui présentent une hypothyroïdie infraclinique avec un apport élevé en phyto-estrogènes.
Une méta-analyse a évalué l'effet du soja ainsi que des isoflavones sur la fonction thyroïdienne chez des sujets sains ainsi que chez des sujets atteints d'hypothyroïdie infraclinique. Les participants pouvaient consommer des doses allant de 40 à 200 mg/jour selon les études. Les critères principaux étaient la TSH, la T3 et la T4. Les résultats nous montrent que la consommation de soja n'avait aucun effet réellement significatif sur les hormones thyroïdiennes telles que la T3 ou T4 chez les sujets sains mais relèvent une très légère augmentation de la TSH chez les femmes non et/ou ménopausées ainsi que chez les patients atteints d'hyperthyroïdie infraclinique.

Conclusion :
Pour conclure, il a été théorisé que le soja pouvait avoir des effets délétères chez les sujets sains à partir d'études in vivo. Cependant, avec les preuves actuelles, la consommation de soja ne semble pas problématique chez les individus sains. En revanche, chez les individus où la fonction thyroïdienne est compromise, cela semble plus problématique.
Références :
1) Thozhukat Sathyapalan et al 2010 : https://academic.oup.com/jcem/article/96/5/1442/2833679
2) Amirhossein Sahebkar et al 2019 : https://www.nature.com/articles/s41598-019-40647-x




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