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Régime acido-basique vraiment utile ?

  • 21 mars 2023
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 14 août 2024



Introduction :


De nos jours, les protéines font toujours débat. Allant du dopage pour certains ou à trop d'acidité pour d'autres. Ce serait l'excès de protéines qui augmenterait l'acidité du corps. Pour contrer ce déséquilibre, le corps utiliserait le calcium de nos os pour neutraliser cette acidité, ce qui pourrait nous fragiliser et engendrer plus de blessures.


Si cette hypothèse est vraisemblable, alors nous devrions retrouver une diminution de la densité osseuse et une augmentation des blessures chez les personnes avec un apport trop élevé en protéines ?

Une étude croisée randomisée contrôlée a analysé l'effet d'un régime riche en protéines sur le métabolisme osseux de 16 femmes ménopausées durant 15 semaines. L’hypothèse sous-jacente, expliquant que la dangerosité des produits laitiers viendrait de son indice PRAL. L’indice PRAL (ou Potential Renal Acid Load) permet d’estimer l’effet acidifiant ou basifiant d’un aliment (Voir annexe 4 p A4). Ainsi, un aliment très acide pourrait donc perturber le pH sanguin, obligeant le corps à réguler le pH par ses propres moyens à partir de calcium provenant des os, ce qui à terme, pourrait être fatal sur la densité osseuse et le risque d’ostéoporose. Par ailleurs, le fromage, et la grande majorité des produits carnés ont un indice PRAL très élevé.




L'étude a donc étudié pour l'un des groupes un régime faible en protéines (61 g/j) contre un autre régime, élevé en protéines (118 g/j) durant 7 semaines. Après 1 semaine de sevrage, les groupes ont alterné de régime durant 7 autres semaines. Pour maximiser "la différence PRAL", le régime riche en protéines avait non seulement une teneur en viande plus élevée, mais contenait également plus de produits céréaliers, et moins de légumes et de fruits riches en potassium que l'autre groupe. De plus, les repas des 2 groupes ont été enrichis en calcium et vitamine D à partir de lait demi-écrémé afin qu'ils soient équivalents en termes de calcium et donc éviter toutes différences entre les groupes.


Les résultats nous montrent que le groupe riche en protéines a augmenté son absorption de calcium et a connu une diminution de la PTH comparé au groupe faible en protéines, ce qui a conduit à une amélioration de la densité osseuse. La PTH est une hormone qui agit sur le contrôle du calcium.


En théorie, la PTH augmenterait pour neutraliser l'acidité à partir du calcium contenu dans nos os, ce qui les rendrait à terme plus fragile. Cependant, dans le cas de notre étude, la PTH a diminué et l'absorption du calcium a augmenté pour le groupe riche en protéines, ce qui va clairement à l'encontre de la théorie acido-basique.


Une méta-analyse a étudié l'effet des protéines sur la santé osseuse à partir de 16 essais randomisés contrôlés et 20 études de cohortes prospectives. Une étude de cohorte prospective analyse une population spécifique de façon prospective, c'est-à-dire au fil du temps.


Cela permet aux scientifiques d'établir un lien et de supposer comment un produit X a un résultat sur une population exposée et moins exposée. Bien que certaines études soient assez hétérogènes, dans l'ensemble, la littérature scientifique soutient l'idée qu'un apport en protéines plus important n'est pas nocif et pourrait même être bénéfique pour la santé osseuse comparée à un apport plus faible.


Conclusion :


Pour conclure, à l'heure actuelle, la littérature scientifique ne soutient pas l'idée qu'un régime très riche en protéines soit néfaste pour la santé osseuse. Consommer des fruits et légumes en parallèle est pertinent au niveau santé mais pas selon la vision du régime acido-basique.


- La méta-analyse : Dietary protein and bone health: a systematic review and meta-analysis from the National Osteoporosis Foundation 2017 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28404575/


- L'étude randomisée croisée contrôlée : A Diet high in meal Protein and Potential Renal acid Load Increase Fractional Calcium Absorption and Urinary Calcium Excretion without Affecting Markeurs of bone Resorption or Formation in Postmenopausal women 2010 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/21248199/




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